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  • Dominique Hoeltgen

Coronavirus, confinement, criquets, cyclone, et après ?

5 juin 2020

On craignait le pire avec le cyclone Nisarga attendu sur Mumbai le mercredi 3 mai. Heureusement, la tornade s’est quelque peu détournée, et n’a laissé dans la ville que des arbres arrachés, des flots d’eau, des rues inondées et une grande peur chez tous les habitants.


Après l’apparition du coronavirus, le confinement, l’arrêt du travail, l’invasion de criquets, le cyclone était la vague propre à faire déborder le calme des Mumbaikars. Une sale période dont on ne voit pas la fin. La tornade est arrivée une semaine avant la mousson, a détrempé les chemins et les routes boueuses. Où est la joie qui entoure d’habitude l’arrivée de la mousson ? La succession de drames qui secouent le pays ces derniers temps, donne un goût d’amertume aux pluies attendues. Il va falloir se prémunir contre les maladies qui reviennent en cette période, le choléra, la malaria, la gastro.

Heureusement à Jamrushi Nagar, bidonville perché sur une colline du nord de Mumbai, où vivent les familles des protégées de Gift et d’Utab, personne ne semble avoir été touché par le coronavirus. C’est comme si les habitants bénéficiaient d’une « sorte d’immunité naturelle », aux dires de Sharda, qui connait bien les lieux et leurs occupants.

Mais le confinement prolongé jusqu’à fin juin à Mumbai fait plus de ravages que la maladie. Pour soulager les parents sans travail depuis trop longtemps, de nouvelles distributions de rations alimentaires seront organisées courant juin. Toutes les familles suivies par Gift sont concernées, celles des enfants parrainés, ainsi que les mères qui laissent habituellement leurs petites filles au balwadi. Les plus pauvres parmi les pauvres pourront ainsi manger. Ils pourront également se soigner, car le docteur et le pharmacien local ont rouvert leurs échoppes, et Gift paye les soins nécessaires.

Contraints de vivre entassés, désoeuvrés, des habitants des slums cèdent à l’alcool, à la violence. Plusieurs femmes sont mortes ce dernier mois, victimes collatérales d’une crise humanitaire qui n’en finit pas.

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