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  • Dominique Hoeltgen

Revisiter 2020. Par Shital Pawar, permanente de l’équipe de Gift


Au moment où l’Inde célèbre Holi, la fête des couleurs et du printemps, Shital Pawar, qui travaille à l’accueil, la formation et au bien-être des fillettes et jeunes filles parrainées par l’association, retrace l’année 2020 qui a bouleversé tant d’habitudes.



2020, une année dont nous espérions qu'elle nous apporterait beaucoup de bonheur et de joie. Un mois de mars normal, que nous n'aurions jamais imaginé voir prendre une tournure si terrible pour le monde entier. C'est le 12 mars que la nouvelle du coronavirus nous a été annoncée. Tout semblait aller bien au début, mais la situation a pris une tournure radicale, lentement et progressivement.


C'était une journée normale au Day Care Center. Toutes les filles étudiaient et préparaient leurs examens, mais soudain tout a été suspendu. Aucune activité humaine, aucun moyen de transport, rien. Les magasins étaient fermés, les collèges et les écoles fermés, et les trains de Mumbai à l’arrêt.






Même si le gouvernement avait tout fermé, nous n'avons pas cessé d'aller au Day Care Center. Nous étions inquiets pour nos filles et leurs familles. C'était terrifiant de penser à ce qui se passerait si elles n'avaient pas assez de nourriture, de médicaments, etc. Lorsque nous avons informé les filles que le Day Care Center serait fermé pendant quelques mois jusqu'aux ordres du gouvernement, elles étaient découragées. Le centre de jour est leur deuxième maison, mais nous leur avons promis que nous prendrions soin d'elles. Avec tout son courage, le personnel de GIFT était prêt à les aider de toutes les manières possibles.



Pendant cette période, la plupart des gens ont perdu leur emploi et la principale préoccupation était de savoir comment survivre sans argent. Sans emploi, pas de salaire. Certaines familles, composées de 7 à 8 membres, n'avaient qu'une seule personne pour gagner leur vie. C'était vraiment difficile pour eux. Avec l'aide de notre équipe française, nous avons donc décidé de leur apporter une aide financière. C'est ce jour-là que nous sommes sortis pour la première fois après l'annonce du confinement. Le fait de ne voir aucun véhicule sur la route, aucune activité humaine, les bus vides, les magasins fermés, était totalement bizarre. Mumbai n'avait jamais été aussi calme auparavant. La ville n'a jamais fait face à de telles situations. C'était inhabituel, bizarre et indigeste.

Nous avons atteint le Day Care. C'était un soulagement de voir l'endroit où nous travaillions, mais il était incomplet, sans enfants. Dès notre entrée, nous avons vu nos grandes filles accourir pour nous saluer. C'était si difficile pour nous de ne pas les toucher, de les garder à distance. Nous nous sommes assurés que tout le monde suivait les précautions que le gouvernement nous avait demandé de prendre. Masques, désinfectants, distance sociale, tout a été suivi. Lorsque nous avons remis de l'argent aux familles, chaque parent nous a remerciés et est parti avec un sourire. C'était une lueur d'espoir pour eux. C'était un sourire de soulagement et de satisfaction que nous avons reçu d'eux. Cela nous a fait chaud au cœur.


Connaissant les situations des différentes familles, nous avons pensé à les aider davantage. Nous avons décidé de nous rendre au Day Care Center de temps en temps et seulement lorsque nous devions aller les aider. Nous avons donc demandé la permission au commissariat de police pour pouvoir visiter le DCC. L'équipe française nous a aidés avec des aides financières à donner aux familles. Leur donner une petite somme n'était pas suffisant. Nous avons donc décidé de les aider avec des rations alimentaires mensuelles.


En juin, nous avons fourni aux familles des filles parrainées des bâches plastique pour couvrir leurs toits afin que l'eau ne s'infiltre pas dans leurs huttes.



Nous nous sommes assurés que chaque famille était en sécurité. Au milieu de tout cela, il était très difficile pour le personnel de voyager, car les transports publics n'étaient accessibles qu'aux fonctionnaires, aux infirmières et aux personnes possédant une carte d'identité officielle. C'était compliqué d’aller d’un point à un autre. Parfois, nous devions marcher jusqu'au DCC. Comme il n'y avait pas beaucoup de transports, il était difficile de trouver des auto-rickshaws.


Petit à petit, lorsque les choses sont revenues à la normale, nous avons ressenti le besoin de fournir à nos filles au moins un déjeuner. Nous allions tous les jours pendant deux heures au Day Care Center et nous leur servions le déjeuner dans une boîte à Tiffin

et leur demandions de l'emporter chez elles. Aujourd'hui, nos filles viennent tous les jours pour le déjeuner.

Nous nous sommes associés à une pharmacie locale pour fournir des médicaments aux familles des filles et le docteur Saknure nous a aidés en assurant des contrôles médicaux pendant la pandémie. La bonne nouvelle est qu'aucune de nos filles n'a été exposée au virus et qu'elles sont toutes saines et sauves. Bien que la présidente de notre ONG, Sharda, ait attrapé le virus, elle l'a combattu et a repris ses fonctions. 2020 a été une année difficile pour tout le monde dans le monde entier ; nous avons traversé les moments les plus difficiles mais nous en sommes sortis plus forts. Nous espérons que 2021 nous apportera une bonne santé et nous gardera tous à l'abri du virus.




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